Expérience aléatoire · Univers Ω · Équiprobabilité · Opérations sur les événements
Une expérience aléatoire est une expérience dont on connaît à l'avance tous les résultats possibles, mais dont on ne peut pas prévoir avec certitude le résultat qui va se produire.
🎲 Lancer un dé à 6 faces et regarder le numéro obtenu.
🃏 Tirer une carte au hasard dans un jeu de 32 cartes.
🪙 Lancer une pièce de monnaie et observer la face visible.
Dans chaque cas, on connaît toutes les issues possibles avant l'expérience, mais on ignore laquelle va sortir.
Parmi les situations suivantes, lesquelles sont des expériences aléatoires ? a) Tirer une carte dans un jeu de 32 cartes. b) Calculer $3+5$. c) Choisir un élève au hasard dans une classe et regarder sa taille.
a) Oui : on connaît les 32 cartes possibles, mais pas celle qui sortira. b) Non : le résultat est toujours le même (8), ce n'est pas aléatoire. c) Oui : on ignore la taille avant de choisir l'élève.
Chaque résultat possible d'une expérience aléatoire est appelé une issue (ou événement élémentaire).
L'ensemble de toutes les issues d'une expérience aléatoire est appelé l'univers des possibles. On le note $\Omega$ (la lettre grecque « oméga »).
On lance un dé à 6 faces et on note le numéro obtenu.
On lance une pièce de monnaie deux fois de suite et on note la suite des résultats obtenus (Pile ou Face). Écris l'univers $\Omega$ de cette expérience, puis donne son nombre d'issues.
Les issues possibles sont : PP, PF, FP, FF.
$\Omega = \{PP\ ;\ PF\ ;\ FP\ ;\ FF\}$ — l'univers contient 4 issues.
Un événement est un sous-ensemble (une partie) de l'univers $\Omega$. On le note généralement par une lettre majuscule : $A$, $B$, $C$…
On lance un dé. Soit $A$ l'événement « obtenir un nombre pair ».
On lance un dé à 6 faces. Soit $B$ l'événement « obtenir un nombre strictement supérieur à 4 ». a) Écris $B$ en extension. b) $B$ est-il un événement élémentaire, composé, certain ou impossible ?
a) $B = \{5\ ;\ 6\}$.
b) $B$ contient 2 issues : c'est un événement composé (ni élémentaire, ni certain, ni impossible).
Définir une loi de probabilité sur un univers $\Omega = \{e_1 ; e_2 ; \dots ; e_n\}$, c'est associer à chaque issue $e_i$ un nombre $p_i$, appelé probabilité de $e_i$, tel que :
Concrètement, $p_i$ représente la chance que l'issue $e_i$ se réalise : plus $p_i$ est proche de 1, plus l'issue a de chances de sortir. Et comme une des issues se réalise forcément, la somme de toutes ces chances doit faire 1 (soit 100 %).
La probabilité d'un événement $A$ est alors la somme des probabilités des issues qui le composent.
Une roue de loterie comporte 4 secteurs colorés : Rouge, Bleu, Vert, Jaune. On admet que $P(\text{Rouge}) = 0{,}4$, $P(\text{Bleu}) = 0{,}3$, $P(\text{Vert}) = 0{,}2$ et $P(\text{Jaune}) = 0{,}1$.
Chaque nombre est bien compris entre 0 et 1, et la somme fait exactement 1 : il s'agit bien d'une loi de probabilité valide.
Un dé à 6 faces est truqué de sorte que $P(6) = 0{,}3$, et que les 5 autres faces (1, 2, 3, 4, 5) soient équiprobables entre elles (elles ont donc toutes la même probabilité, que l'on ne connaît pas encore).
Un dé à 6 faces est truqué de sorte que $P(1) = 0{,}1$, et les 5 autres faces (2, 3, 4, 5, 6) sont équiprobables entre elles. Suis les étapes pour trouver la probabilité de chacune de ces 5 faces.
Une urne contient des boules rouges, vertes et bleues. On admet que $P(\text{rouge}) = 0{,}4$ et $P(\text{verte}) = 0{,}25$. Cette expérience définit-elle bien une loi de probabilité sur $\{\text{rouge}\ ;\ \text{verte}\ ;\ \text{bleue}\}$ ? Si oui, calcule $P(\text{bleue})$.
La somme des probabilités doit valoir 1 : $P(\text{bleue}) = 1 - 0{,}4 - 0{,}25 = 0{,}35$.
Comme $0{,}35$ est bien compris entre 0 et 1, il s'agit bien d'une loi de probabilité valide.
On dit qu'il y a équiprobabilité (ou que la loi de probabilité est équirépartie) lorsque toutes les issues ont la même probabilité de se réaliser.
C'est le cas d'un dé non truqué, d'une pièce non truquée, ou d'un tirage « au hasard » dans une urne bien mélangée.
Lorsqu'il y a équiprobabilité, la probabilité d'un événement $A$ se calcule par :
On lance un dé équilibré. Soit $A$ : « obtenir un nombre pair ».
Dans un jeu de 32 cartes (équiprobabilité), on tire une carte au hasard. Quelle est la probabilité de tirer un roi ? (Il y a 4 rois dans un jeu de 32 cartes.)
Nombre total d'issues : 32. Nombre d'issues favorables : 4.
$P(\text{roi}) = \dfrac{4}{32} = \dfrac{1}{8} = 0{,}125$
Comme un événement est un ensemble (sous-ensemble de $\Omega$), on utilise les notations ensemblistes pour combiner plusieurs événements entre eux :
L'événement « $A$ et $B$ », noté $A \cap B$, est l'événement constitué des issues qui appartiennent à la fois à $A$ et à $B$.
Deux événements $A$ et $B$ sont dits incompatibles (ou disjoints) lorsqu'ils ne peuvent pas se réaliser en même temps, c'est-à-dire lorsque :
On lance un dé. Soit $A$ : « obtenir un nombre pair » et $B$ : « obtenir un multiple de 3 ».
La zone commune aux deux « patates » représente $A \cap B$.
On tire une carte dans un jeu de 32 cartes (8 cartes par couleur : Cœur, Carreau, Pique, Trèfle ; 3 figures par couleur : Valet, Dame, Roi). Soit $C$ : « tirer un cœur » et $D$ : « tirer une figure ».
L'événement « $A$ ou $B$ », noté $A \cup B$, est l'événement constitué des issues qui appartiennent à $A$, ou à $B$, ou aux deux.
Si l'on additionne simplement $P(A) + P(B)$, les issues communes à $A$ et à $B$ (celles de $A \cap B$) sont comptées deux fois : une fois dans $A$, une fois dans $B$. Il faut donc retrancher une fois cette intersection pour ne la compter qu'une seule fois.
On reprend $A$ : « obtenir un nombre pair » et $B$ : « obtenir un multiple de 3 », avec un dé équilibré.
$A$ et $B$ sont deux événements d'un même univers tels que $P(A) = 0{,}5$, $P(B) = 0{,}2$ et $A \cap B = \emptyset$.
L'événement contraire de $A$, noté $\overline{A}$ (ou « non $A$ »), est constitué de toutes les issues de $\Omega$ qui n'appartiennent pas à $A$.
En effet, $A$ et $\overline{A}$ sont incompatibles et $A \cup \overline{A} = \Omega$, donc leurs probabilités s'additionnent pour donner 1.
Avec $A$ : « obtenir un nombre pair » sur un dé équilibré, $P(A) = \dfrac{1}{2}$.
On sait que $P(C) = 0{,}62$ pour un événement $C$.
⚠️ À ne jamais oublier
- Une probabilité est toujours un nombre compris entre 0 et 1 (soit entre 0 % et 100 %). Un résultat comme $P = 1{,}2$ ou $P = -0{,}3$ est impossible : si tu obtiens un tel résultat, il y a forcément une erreur de calcul.
- Ne confonds pas le « ou » mathématique et le « ou » exclusif du langage courant. En mathématiques, « $A$ ou $B$ » (c'est-à-dire $A \cup B$) inclut le cas où $A$ et $B$ se réalisent en même temps. Ce n'est pas un choix exclusif comme « fromage ou dessert ».
- N'oublie jamais le terme « $- P(A \cap B)$ » dans la formule de la réunion. Écrire $P(A \cup B) = P(A) + P(B)$ est une erreur très fréquente qui revient à compter deux fois les issues communes à $A$ et $B$.
Pour résoudre un problème de probabilités, trois outils reviennent très souvent : le diagramme de Venn, le tableau à double entrée, et l'arbre des possibles.
On représente $\Omega$ par un grand rectangle, et chaque événement par une « patate » à l'intérieur. Les zones de recouvrement représentent les intersections.
Utile pour visualiser une situation, notamment quand des issues appartiennent à plusieurs événements.
Sur un diagramme de Venn avec deux événements $A$ et $B$, où se trouve l'événement $\overline{A}$ (« non $A$ ») ?
$\overline{A}$ correspond à tout ce qui est dans le rectangle $\Omega$ mais en dehors de la patate $A$ (que ce soit dans $B$ ou non) — c'est la zone grisée ci-dessous :
La zone rouge (tout sauf la patate $A$) représente $\overline{A}$.
Il permet de croiser deux caractères (deux variables) et de lire directement les effectifs correspondant à chaque combinaison. C'est l'outil idéal quand on connaît des effectifs et qu'on doit croiser plusieurs critères (genre, filière, réponse à une question…).
| Caractère B | Non B | Total | |
|---|---|---|---|
| Caractère A | effectif de $A \cap B$ | effectif de $A \cap \overline{B}$ | total A |
| Non A | effectif de $\overline{A} \cap B$ | effectif de $\overline{A} \cap \overline{B}$ | total non A |
| Total | total B | total non B | total général |
On lit chaque probabilité en équiprobabilité par : $P = \dfrac{\text{effectif de la case}}{\text{effectif total}}$.
Dans une classe, on a demandé aux élèves s'ils pratiquent un sport en club. On sait que : il y a 18 filles au total, dont 12 pratiquent un sport ; il y a 18 garçons au total, dont 10 pratiquent un sport. Complète le tableau à double entrée ci-dessous (remplace chaque « ? » par le bon nombre).
| Sport | Non Sport | Total | |
|---|---|---|---|
| Filles | 12 | ? | 18 |
| Garçons | 10 | ? | 18 |
| Total | ? | ? | ? |
On complète chaque ligne et chaque colonne grâce aux totaux déjà connus (par différence), puis on vérifie avec le total général :
| Sport | Non Sport | Total | |
|---|---|---|---|
| Filles | 12 | 6 | 18 |
| Garçons | 10 | 8 | 18 |
| Total | 22 | 14 | 36 |
Cet exercice va un peu plus loin que le précédent, prends ton temps.
Dans le tableau général du cours ci-dessus, si « total A » $= 45$ et « effectif de $A \cap B$ » $= 18$, que représente le nombre $45-18$ ?
« total A » regroupe toutes les issues de $A$, qu'elles soient dans $B$ ou non : total A $=$ effectif de $A \cap B$ $+$ effectif de $A \cap \overline{B}$.
En retirant les 18 issues de $A \cap B$, il reste donc les issues de $A$ qui ne sont pas dans $B$ :
$45 - 18 = 27$ représente l'effectif de la case « $A$ et Non $B$ », c'est-à-dire l'effectif de $A \cap \overline{B}$.
L'arbre des possibles (ou arbre de dénombrement) est utilisé pour les expériences aléatoires qui se déroulent en plusieurs étapes (par exemple, plusieurs lancers successifs). Chaque étape est représentée par un niveau de branches, et chaque chemin depuis la racine jusqu'à une extrémité représente une issue de l'expérience globale.
À ce stade de l'année, on utilise l'arbre uniquement pour dénombrer les issues (compter), sans écrire de probabilités sur les branches.
On lance une pièce de monnaie, puis on la relance une seconde fois. On construit l'arbre des possibles :
On lance un dé équilibré, puis on tire une carte parmi 3 cartes (Cœur, Pique, Trèfle). Construis l'arbre des possibles (2 étapes) et donne le nombre total d'issues de cette expérience.
Le 1er niveau de l'arbre a 6 branches (une par face du dé). Chacune de ces 6 branches se sépare ensuite en 3 branches (une par carte) — le schéma ci-dessous montre le principe (la face « 1 » est détaillée, les autres faces se prolongent de la même façon) :
Le nombre total de chemins (donc d'issues) est $6 \times 3 = 18$.
Dans un lycée de 200 élèves, on a relevé le genre et la langue vivante 1 (LV1) de chacun. Les résultats sont donnés dans le tableau suivant :
| Anglais | Espagnol | Total | |
|---|---|---|---|
| Filles | 70 | 30 | 100 |
| Garçons | 60 | 40 | 100 |
| Total | 130 | 70 | 200 |
On choisit un élève au hasard dans ce lycée. On considère les événements :
| 1 | Calculer $P(F)$. | |
| 2 | Calculer $P(E)$. | |
| 3 | Calculer $P(F \cap E)$. | |
| 4 | En déduire $P(F \cup E)$ à l'aide de la formule du cours. | |
| 5 | Calculer $P(\overline{F})$ et interpréter le résultat. |
Une urne contient 3 boules Rouges et 2 boules Vertes, indiscernables au toucher. On tire une boule, on note sa couleur, puis on la remet dans l'urne (tirage avec remise) avant de tirer une seconde boule.
Un échantillon de taille $n$ est le résultat de $n$ répétitions indépendantes d'une même expérience aléatoire. Par exemple, lancer un dé 50 fois donne un échantillon de taille 50.
La fréquence observée d'un événement dans un échantillon varie d'un échantillon à l'autre. Ce phénomène s'appelle la fluctuation d'échantillonnage.
Exemple : si on lance un dé équilibré 100 fois, on n'obtient pas exactement « 6 » dans $\frac{1}{6} \approx 16{,}7\,\%$ des cas. On peut très bien observer 14 fois, 18 fois, ou 20 fois le « 6 ». C'est normal.
Plus la taille $n$ de l'échantillon est grande, plus la fréquence observée se rapproche de la probabilité théorique. C'est la loi des grands nombres.
On lance une pièce équilibrée et on note la fréquence de « pile » après $n$ lancers :
| $n$ | 10 | 50 | 200 | 1 000 | 10 000 |
| Fréquence de pile | 0,40 | 0,46 | 0,51 | 0,498 | 0,5012 |
On lance un dé équilibré 600 fois. On obtient « 3 » exactement 95 fois.
a) Calculer la fréquence observée du « 3 ».
b) La probabilité théorique est $p = \frac{1}{6} \approx 0{,}167$. La fréquence observée est-elle cohérente ?
a) $f = \frac{95}{600} \approx 0{,}158$.
b) Oui, c'est cohérent : $0{,}158$ est proche de $0{,}167$. L'écart ($0{,}009$) est normal pour un échantillon de taille 600. Avec 6 000 lancers, l'écart serait encore plus petit.
randomPython permet de simuler des expériences aléatoires grâce au module random :
random.randint(a, b) : renvoie un entier aléatoire entre $a$ et $b$ inclus.random.random() : renvoie un décimal aléatoire entre 0 et 1.On simule 1000 lancers d'un dé équilibré et on compte le nombre de « 6 » obtenus :
Un programme simule 200 lancers d'une pièce équilibrée. Il obtient 112 fois « pile ». La fréquence est donc $f = \frac{112}{200} = 0{,}56$.
a) La probabilité théorique de « pile » est $p = 0{,}5$. La fréquence observée est-elle « anormale » ?
b) Que se passerait-il si on augmentait le nombre de lancers à 10 000 ?
a) Non, ce n'est pas anormal. La fréquence $0{,}56$ est proche de la probabilité théorique $0{,}5$. La fluctuation d'échantillonnage explique cet écart : sur seulement 200 lancers, il est courant d'observer des fréquences entre $0{,}43$ et $0{,}57$ environ.
b) Avec 10 000 lancers, la fréquence observée serait beaucoup plus proche de $0{,}5$ (par exemple entre $0{,}49$ et $0{,}51$). Plus l'échantillon est grand, plus la fluctuation diminue.
| 🎲 | Univers $\Omega$ | Ensemble de toutes les issues possibles d'une expérience aléatoire. |
| 📦 | Événement | Sous-ensemble de $\Omega$. Cas particuliers : $\Omega$ (événement certain) et $\emptyset$ (événement impossible). |
| ⚖️ | Équiprobabilité | $P(A) = \dfrac{\text{Nombre d'issues favorables}}{\text{Nombre total d'issues}}$ |
| ∩ | Intersection | « $A$ et $B$ ». Incompatibles si $A \cap B = \emptyset$. |
| ∪ | Réunion | « $A$ ou $B$ ». $P(A \cup B) = P(A) + P(B) - P(A \cap B)$ |
| ¬ | Événement contraire | $P(\overline{A}) = 1 - P(A)$ |
| 🌳 | Arbre des possibles | Outil de dénombrement pour les expériences à plusieurs étapes : chaque chemin = une issue. |
| 📊 | Échantillon | Résultat de $n$ répétitions indépendantes. La fréquence fluctue d'un échantillon à l'autre. |
| 📈 | Loi des grands nombres | Plus l'échantillon est grand, plus la fréquence observée se rapproche de la probabilité théorique. |